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Comparable à une addiction aux drogues ou à l’alcool, l’achat compulsif amène à acheter beaucoup, fréquemment, et ce dont nous n’avons pas besoin. Il touche entre 3 et 7% de la population européenne. Les dépenses mènent tôt ou tard à une situation économique difficile et, dans certains cas, à voler, escroquer ou se prostituer.

 

 
Une société qui pousse à consommer toujours plus


Dans nos sociétés, tout est mis en œuvre pour faciliter la consommation : achats en ligne disponibles 24h 24 et 7 jours sur 7 en un simple clic, possibilité d’acheter à crédit, de contracter des prêts bancaires à la consommation, prix bradés, etc. Or un des premiers signes de l’achat compulsif aussi appelé « oniomanie » est le fait d’acheter trop souvent.


Si l’achat compulsif de vêtements est plus répandu chez les femmes, les hommes ne sont pas à l’abri et achètent véhicules, outils divers ou nouvelles technologies.

 


Pourquoi devient-on acheteur compulsif ?

 


L’acheteur compulsif éprouve plus de plaisir dans l’acte d’achat que dans l’objet lui-même. Il ne cesse d’accumuler sans raison apparente jusqu’à en oublier ce qu’il possède. Il n’est pas rare de retrouver chez lui des sacs non ouverts, des articles qui possèdent toujours leur étiquette, ou chez certains, quantités de services ou d’abonnements inutiles. Acheter lui permet de réduire un état de tension et de se sentir soulagé à court terme.


Différents facteurs peuvent pousser la personne à acheter toujours plus :

  • L’envie de plaire : posséder tel gadget ou tel vêtement à la mode, montrer à son entourage une certaine forme de réussite sociale par le biais de ce que l’on possède.

  • Une réaction à un choc psychologique tel que la disparition d’un proche, ou le fait de compenser un manque affectif, la solitude, l’isolement social.

  • L’influence du marketing agressif des marques alors que l’on a peu de confiance en soi ou en pleine construction identitaire (période de l’adolescence).

 

Quelles conséquences ?


  • Vol, escroquerie, prostitution : de nombreuses personnes en difficulté financière s’adonnent à des pratiques illégales afin de pouvoir poursuivre leurs achats.

  • Endettement : la personne peut vite se retrouver à découvert ou interdite bancaire. Pour les personnes les plus atteintes, une administration provisoire de biens peut être mise en place.

  • Irritabilité, manque : la personne est envahie par des émotions négatives et des tensions si elle ne peut acheter. Cela peut être une source de difficultés relationnelles au sein de la famille ou du milieu professionnel.

  • Dissimulation et mensonge : la personne est poussée à mentir à son entourage et à dissimuler ses achats.

  • Accumulation : les achats s’entassent dans le foyer de la personne de façon très envahissante.

  • Troubles anxio-dépressifs : le plaisir ressenti en achetant est difficile à maintenir. A terme, l’équilibre est rompu et la personne est très souvent envahie par ses émotions négatives. Ce qui la pousse à acheter davantage tel un cercle vicieux.

 

Quels sont les signes auxquels être attentifs ?


  • Revenir régulièrement d’une séance de shopping avec des choses que nous n’avions pas prévu d’acheter, avoir des vêtements qui n’ont jamais été portés et/ou des objets qui n’ont jamais été utilisés.

  • Atteindre fréquemment le plafond de sa carte bancaire et parfois de plusieurs cartes à la fois, être à court d’argent avant la fin du mois, puiser sur ses comptes d’épargne.

  • Avoir peur que ses cartes de banque ne soient rejetées, ne pas avoir assez d’argent pour les dépenses de base, devoir emprunter de l’argent à plusieurs reprises.

  • Cacher ses factures et ses achats.

  • Penser à trouver un second travail afin de pouvoir maintenir ses habitudes d’achats, penser à/ou vendre des biens pour continuer à acheter toujours plus.

  • Acheter pour fuir des émotions négatives.

 


Quelques pistes pour s’en sortir 


  • Etablir un budget et s’y tenir en calculant les entrées financières et les dépenses fixes mensuelles. Le budget restant pourra être alloué aux loisirs et aux achats.

  • Ne plus utiliser de cartes de crédits.

  • Faire une liste d’activités alternatives qui procurent un bien-être et qui peuvent facilement être mises en place au lieu d’acheter.

  • Faire appel aux services de médiation de dettes.

  • En parler autour de soi : appeler un proche quand l’envie est trop forte/ participer à un groupe de paroles pour personnes surendettées.

  • Se tourner vers un psychologue si la situation est totalement hors contrôle.




Mélanie SAEREMANS

Psychologue - Psychothérapeute



Sources :


Centre d’Appui aux Services de Médiation de Dettes de la Région de Bruxelles-Capitale

La dépendance aux achats, diagnostic et traitements